Psychanalyse & société
Le regard de Chantal Calatayud

 

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A lire : les livres et quelques articles
de Chantal Calatayud, psychanalyste,
Directrice de l'Institut Français de Psychanalyse Appliquée,
auteur,
parus dans Psychanalyse magazine.

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  « Je fais comment quand il ne veut pas se lever ? »  
 

On croirait que c’est un fait exprès : le dimanche, le cher héritier a l’art de se lever aux aurores mais lorsqu’il s’agit d’aller à l’école, le réveil s’avère souvent difficile ! Pourtant, les parents font en sorte que ce moment si important qui prépare la qualité de la journée soit optimisé : tout est prêt, le petit-déjeuner répand des effluves de chocolat chaud dans la maison, l’odeur de pain grillé n’est pas en reste… Rien n’y fait. L’enfant se rendort après avoir maugréé quelques paroles inaudibles mais au ton désagréable. L’heure tourne, les adultes commencent à s’énerver. Stop à la crise de nerfs. Les conseils efficaces existent !

Analyser la situation

1) Observer
> Les solutions commencent par une bonne organisation la veille, avant d’aller coucher le petit récalcitrant. Mais cette solide décision peut se trouver entravée par le comportement du jeune rebelle. Autrement formulé, la qualité du réveil quelques heures plus tard se prépare quelques heures plus tôt ! Peu importe que l’enfant ait envie ou non d’aller à l’école, celle-ci étant obligatoire, le choix n’est pas de mise. Ainsi, après le dîner, il est bon d’observer si l’enfant est déjà en opposition. C’est-à-dire s’il fait systématiquement le contraire de ce qui lui est demandé ou dans un temps décalé. Cette attitude l’accompagnera dans son sommeil qui ne sera pas de belle qualité. La suite, on la connaît !

2) Dédramatiser

> S’il décide d’aller se brosser les dents avant le dîner – c’est une caricature bien sûr –, il faut laisser faire l’enfant car son corps lui appartient. En revanche, il devra se re-brosser les dents après le repas alors que lui sera fait remarqué, à l’aide de moult compliments et autres félicitations, son grand souci d’hygiène buccale ! Après tout, c’est lui qui aura initié cette forme d’ironie implicite. S’il refuse son potage, pas de problème ! Mais il ne s’agit pas d’avoir la mémoire courte : lui sera refusé – sans établir aucun lien avec sa résistance précédente – de regarder son DVD préféré avant d’aller se coucher. Ici, la dédramatisation se situe selon un binôme parental acceptation (de la rétention de l’enfant) et refus (des exigences compulsives du même enfant).

3) Participer
> Même si ce n’est pas agréable pour les parents, lorsque l’enfant peine à se lever, il convient de rester à ses côtés tout en le stimulant doucement. La mauvaise attitude – tout aussi compréhensible soit-elle – consiste à s’agacer dans sa chambre, à le menacer de le laisser et à partir vaquer à ses occupations. Cette réaction ne changera rien car le petit dormeur sait qu’il ne restera pas seul. Rassuré, il se rendormira ! À l’inverse la mère (si possible), en s’asseyant auprès de son lit, lui permettra de retrouver des réflexes archaïques : ceux de la période où il faisait si bon se blottir dans les bras de sa maman ou de son papa. Ce souvenir positif donnera à l’inconscient l’envie de démarrer la journée en famille… La meilleure des sécurités, ce que tout enfant sait au fond de lui.

 

 

« Ma sexualité s’est endormie »


Paralysée à la suite d’une chute liée à une agression violente, ma sexualité s’est endormie. Mon mari a pris une maîtresse. Ça, je l’accepte. Mais, ce que je ne supporte plus, c’est qu’il me parle d’elle à la première occasion. Y a-t-il un moyen de faire cesser cette situation ?



Claudia R. – 66000 - Perpignan

La réponse du psychanalyste

Oh que oui ! Tout d’abord, votre paralysie n’est en aucun cas responsable de l’infidélité de votre époux. S’il n’était pas volage avant votre accident, celui-ci a réveillé ses démons, sans prendre le risque conscient d’une culpabilité. C’est cependant sans compter sur son juge et arbitre intérieur (le surmoi) qui veille à une certaine logique. Mais, pour répondre plus précisément à votre question, chaque fois que votre homme fera allusion à ses amours extra conjugales, changez de sujet immédiatement de la façon suivante : En parlant de ça, tu me fais penser que j’ai entendu les chiffres des divorces, ils sont effrayants… Même paralysée, chaussez (tout comme lui) vos gros sabots… Attendez un peu, juste le temps qu’il réalise que même dans un fauteuil roulant, il est moins stressant et douloureux de vivre seule qu’accompagnée d’un bourreau de pacotille. Et s’il persiste, dites-lui que vous avez besoin de prendre un peu l’air (dans votre famille ou dans un établissement spécialisé) et que vous allez faire, comme une grande, les démarches nécessaires. Bien sûr, il ne devra pas vous rendre visite ! Juste pour bien sentir combien il est agréable, quelle que soit votre situation, d’apprécier tout ce que l’on peut accomplir sans « béquilles ». C’est ainsi qu’il pourra, de son côté, constater où il en est de ses propres handicaps.

 

 

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